DECLARATION DU MINISTRE FELIX MOLOUA A LA REUNION VIRTUELLE DU GROUPE AFRIQUE II-FMI

Une réunion thématique virtuelle entre pairs du Groupe Afrique II – FMI s’est tenue ce jour Mardi 2 mars 2021 sur le thème : « Expérience avec l’assistance d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) et les initiatives internationales d’allègement de la dette ». ci-après l’intégralité de la déclaration de SEM Félix MOLOUA, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Président du Groupe Afrique II dans les Institutions de Bretton Woods.

  1. C’est pour moi, un réel plaisir d’ouvrir cette première session de la Réunion thématique entre Pairs organisée à l’initiative de notre Administrateur du Groupe Afrique II au FMI, Monsieur Aivo ANDRIANARIVELO. Je voudrais tout d’abord, aux noms des Gouverneurs et Gouverneurs Suppléants du FMI, le remercier pour cette initiative et en profiter, vaut mieux tard que jamais, souhaiter mes vœux les meilleurs pour l’année 2021 à tous les Gouverneurs. Le thème de cette première réunion intitulé « Expérience sur l’assistance d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) et les initiatives internationales d’allègement de la dette » est d’actualité pour bon nombre de nos pays.

2. Notre objectif ce jour est de partager nos expériences et nos défis durant cette crise mondiale. Nous avons aussi l’occasion de transmettre nos positions et avis sur les sujets discutés au niveau du FMI ainsi que les autres instances internationales auxquelles le FMI participe. A la sortie de cette réunion, nos représentants au Conseil d’Administration sauront nos préoccupations et nos avis qui les guideront dans leurs interventions lors des différentes réunions et débats pour mieux défendre l’intérêt de notre groupe.

3. Je voudrais reconnaitre ici l’appui rapide du Fonds Monétaire International aux pays fortement impactés par la pandémie de COVID-19 en faisant face à des besoins de financement urgents. De manière générale, le FMI a apporté une assistance non-négligeable qui a été essentielle pour catalyser le soutien d’autres partenaires. Dix-neuf (19) pays de notre groupe sur 23 ont reçu une aide d’urgence de la part du Fonds et il faut l’avouer, les montants déboursés ont été dans certains cas bien plus élevés que les appuis classiques dans le cadre de programme triennal. La récente décision de maintenir jusqu’à la fin de l’année 2021 la hausse des plafonds d’accès aux ressources du Fonds est également la bienvenue.

4. Cela dit, les exigences de transparence dans l’utilisation de l’aide d’urgence sont très fortes. Je serai très intéressé d’entendre mes collègues Ministres sur leur expérience dans ce domaine, notamment en ce qui concerne l’épineuse question de la publication des propriétaires des entreprises adjudicataires des marchés publics liés à la lutte contre la COVID-19. Cette transparence est malheureusement une conditionnalité de nos programmes ou futurs programmes et nous devons nous assurer que nos pays sont tous traités à la même enseigne sur cette question.

5. S’agissant des initiatives d’allègement de la dette à travers le FMI ou le G20, celles-ci ont joué un rôle important dans le financement de la riposte à la crise et dans certains cas, leur mise en œuvre a permis de soulager temporairement nos finances publiques de la lourde charge que représente le service de la dette. Notamment, 46.8% des ressources libérées par la 1ère et la 2nde tranches du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes sont revenues à 15 membres de notre groupe qui pourront en définitive bénéficier de 49.9% du financement total.

6. L’Initiative de Suspension du Service de la Dette (DSSI) a vu la participation de 18 membres du groupe et peut potentiellement leur faire bénéficier de 2.6 milliards de dollars sur un total de 21.3 milliards de dollars de 2020 à 2021 soit environ 12.4% du total. Il est donc urgent de voir rapidement des progrès dans l’opérationnalisation du cadre commun de restructuration de la dette du G20 afin de permettre aux pays membres en discussions de faire avancer leurs dossiers y compris les négociations de programme et les requêtes de financement.

7. Dans ces circonstances, je me fais le devoir de rappeler la situation des pays membres du Groupe qui à cette date n’ont toujours pas bénéficié de ressources d’urgence pour la lutte contre la pandémie. Il s’agit notamment de la République du Congo et de la République de Guinée Equatoriale. Bien que la phase de reprise économique soit déjà amorcée dans certains pays, cette assistance demeure nécessaire dans le contexte d’une recherche de solution pour la couverture vaccinale et au vu des défis liés aux problématiques de financement du développement et de l’endettement. Je tiens donc à féliciter l’Administrateur qui ne manque pas une opportunité de relever cette anomalie et je l’encourage à poursuivre ses efforts auprès de la Direction Générale du FMI.

8. En ce qui concerne la République Centrafricaine, l’assistance d’urgence du FMI accordée le 20 avril 2020 au titre de la Facilité Rapide de Crédit (RCF) se chiffre à 38 millions de dollars. Sur la période avril 2020 – avril 2022, la RCA est éligible à un allégement du service de la dette au titre du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (CCRT) équivalent à près de 13 millions de dollars et l’initiative de suspension du service de la dette (DSSI) du G20 devra rapporter l’équivalent de 4 millions de dollars. Au titre de l’initiative de financement accéléré de la Banque Mondiale, le pays a bénéficié d’une assistance de 23.5 millions de dollars.

9. Pour terminer mon propos, je voudrais saluer la rapidité et l’efficacité de la réponse apportée par le Fonds Monétaire International dans ces moments difficiles. Je voudrais également souligner l’importance de l’équité et de la transparence dans le traitement qui doit être accordé aux pays membres, particulièrement au vu des efforts fournis et en raison de l’urgence posée par une crise exceptionnelle, à la fois sanitaire, économique et sociale. De la même manière, je souhaiterais rappeler la volonté de nos pays à tenir leur engagement et à respecter les conditions de transparence dans l’utilisation des ressources mises à leur disposition. Toutefois, la flexibilité et la prise en compte des circonstances spécifiques à chaque pays et l’assistance technique restent des facteurs clés de succès.

10. Je voudrais à nouveau saluer l’Administrateur pour le travail déjà accompli depuis son élection en novembre 2020 et adresse mes remerciements au personnel de son bureau pour leur appui constant dans la bonne marche de notre coopération avec le Fonds monétaire international.

Je vous remercie.

Propos recueilli par Nina GBAGBO/Brice Devalor OUATEBOT

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