DECLARATION ORALE DU MINISTRE FELIX MOLOUA AU NOM DES PAYS DU GROUPE AFRIQUE II, A LA 102E REUNION DU COMITE DU DEVELOPPEMENT TENUE DANS UN FORMAT VIRTUEL LE VENDREDI 16 OCTOBRE 2020.

Au nom des Gouverneurs du Groupe Afrique II et en mon nom propre, je voudrais adresser nos félicitations au Groupe de la Banque Mondiale pour les progrès importants réalisés sous le leadership du Président Malpass dans la mise en œuvre de la réponse à la crise de COVID-19. Nous saluons les efforts qui ont permis la mobilisation rapide d’un financement record de 45 milliards de dollars américains au cours du quatrième trimestre de l’exercice 2020, ce qui reflète bien l’ampleur de la crise.

Nous réaffirmons notre soutien à l’approche globale qui couvre tant les réponses sanitaires, que sociales et économiques, pour accroître l’impact et mieux reconstruire dans un monde transformé par le coronavirus. Nous aimerions ici aujourd’hui relever quatre aspects que nous apprécions tout particulièrement :

Premièrement, l’accent mis sur les pays fragiles et les petits États. Nous considérons les interventions combien louables à ce niveau, compte tenu des circonstances uniques auxquelles ces pays sont confrontés. Deuxièmement, le focus sur le programme de l’Emploi et la Transformation Economique (JET), avec une utilisation accrue de solutions numériques qui permettront l’émergence d’économies plus compétitives avec le retour de la croissance.

Troisièmement, le soutien aux partenariats mondiaux et à la coopération régionale en tant que compléments essentiels à la réponse aux crises au niveau national. Les interventions régionales à ce niveau ont été très utiles en Afrique pour le renforcement des mécanismes de préparation et d’intervention en matière de santé publique.

Et enfin quatrièmement, l’appui dans l’achat et le déploiement de vaccins contre la COVID-19. Sur ce dernier point, nous exhortons vivement le Groupe de la Banque Mondiale à garantir un accès inclusif aux vaccins, en veillant à ce qu’aucun pays ni personne ne soit laissé pour compte, et l’encourageons fortement à apporter tout son soutien à l’action internationale coordonnée à grande échelle qui est l’initiative COVAX.

Alors que la crise continue de prendre de l’ampleur, nous notons avec une vive inquiétude son déplacement géographique vers les pays en développement, avec son corolaire de pertes en vies humaines et en productivité. Face à la perspective du recul des progrès en matière de développement auxquels nos pays sont confrontés, il est impératif que la réponse du Groupe de la Banque Mondiale soit non seulement renforcée dans le cadre d’une action mondiale coordonnée, mais également accélérée. La menace d’une insécurité alimentaire dans les pays en développement nous interpelle tout particulièrement, et nous demandons instamment aux services de suivre de près cette situation.

Au regard de la profondeur et de la durée de la crise, nous estimons que les besoins de financement supplémentaires à moyen terme quoiqu’incertains demeureront toutefois exceptionnellement élevés compte tenu des perspectives économiques mondiales qui indiquent un recul de la croissance économique et une hausse de l’extrême pauvreté, notamment en Afrique subsaharienne où les impacts appauvrissants de la COVID-19, des conflits et du changement climatique convergent. Un soutien financier approprié à moyen terme nous apparait par conséquent nécessaire et il y’a donc lieu d’aborder avec diligence le problème crucial de la capacité financière restreinte du Groupe de la Banque mondiale au-delà de l’exercice fiscal 2021. Nous soutenons par conséquent le lancement des discussions à ce niveau et souhaiterions conférer à l’institution le mandat de les entamer au plus vite, en consultation avec les actionnaires et les députés de l’IDA. Toute action en vue de prospecter les possibilités de financement d’une reprise prolongée de nos économies nous apparait essentielle pour les remettre sur la voie de l’atteinte des Objectifs de développement durable dont l’échéance n’est plus que de 10 ans.

Les impacts de la pandémie du COVID 19 pour les pays IDA sont dévastateurs et mitigés car les pays à revenus élevés ont mis en place de  mesures impressionnantes et sans précédent dans leur propres pays et pour leurs voisins. Cependant, les pays à faibles revenus ont besoin d’aide pour faire de même à leurs citoyens. La réponse immédiate de l’IDA face à la crise a montré que l’IDA peut délivrer ce qui est nécessaire à échelle, avec vitesse et sélectivité.  Aujourd’hui, les besoins des pays IDA sont beaucoup plus élevés au moment où l’enveloppe IDA19 a été négociée.

Nous le savons déjà, IDA va déjà utiliser 43% des ressources disponibles durant la première année de l’IDA19. Par conséquence, les fonds risquent de ralentir pendant la deuxième et troisième année. Cependant, la crise ne ralentira pas. IDA aura besoin de ressources suffisantes de financements concessionnels jusqu’à la fin de l’année fiscale 2023. C’est pour cette raison que nous demandons à la communauté internationale de considérer sérieusement la possibilité d’engager des ressources additionnelles dans les prochains mois, de préférence avant les Réunions de Printemps et à temps pour la prochaine année fiscale.

En ce qui concerne l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD), nous remercions le personnel de la Banque mondiale et du FMI pour le soutien technique apporté aux 21 pays de notre Groupe qui sont admissibles à l’Initiative. Nous prenons acte des défis relevés dans la mise en œuvre de l’Initiative et soutenons l’application des mesures visant à améliorer le processus de mise en œuvre. Avec un taux de participation à ce jour de 90% qui démontre l’importance de cette Initiative pour la stratégie de sortie de crise de nos pays, notre Groupe dans son ensemble bénéficie de 1,4 milliard de dollars américains en économies potentielles permettant aux pays de desserrer partiellement les contraintes d’espace budgétaire auxquelles ils font face pour lutter contre les graves effets de la COVID-19.

Les besoins de financement extérieur des pays admissibles à l’Initiative restent cependant considérables, globalement évalués à 7% à 10% du PIB à moyen terme compte-tenu de l’impact négatif plus important de la pandémie sur les pays les plus pauvres. Nos pays auront besoin d’une aide renforcée de la part de la communauté internationale pour faire face à ces besoins et maximiser la réponse budgétaire dans le contexte actuel de crise. De ce fait, nous souhaitons vivement une décision de prolongation rapide de l’ISSD d’au moins une année, soit jusqu’au 31 décembre 2021 au minimum. Une telle prolongation nous permettrait de prendre des décisions éclairées dans la formulation des budgets de 2021 et d’utiliser les ressources ainsi dégagées pour financer une hausse des dépenses sociales, sanitaires et économiques en réponse à la crise qui se prolonge.

Je voudrais, pour terminer, relever que la pandémie de COVID-19 a non seulement occasionné une crise de liquidité mais également une crise de solvabilité parmi les pays admissibles à l’ISSD. Face aux facteurs croissants de vulnérabilité de la dette, une suspension prolongée du service de la dette serait utile pour contenir un risque de surendettement qui pourrait compromettre les conditions de la reprise économique.

Par conséquent, nous demandons instamment à la Banque mondiale et au FMI de développer d’ici la fin 2020, un plan d’action commun pour la réduction de la dette des pays bénéficiaires de l’ISSD dont la dette est jugée non-soutenable. L’extension sans délai de l’ISSD donnerait le temps nécessaire pour appuyer cette action. Enfin, la résolution du problème de solvabilité, indispensable à une reprise rapide et durable de l’économie mondiale, requiert l’adoption d’une approche proactive et holistique sur l’évaluation de la situation d’endettement des pays en difficulté, à la fois participants et non-participants à l’ISSD, en vue de la restructuration de leur dette publique globale, y compris par la participation du secteur privé et la mise en œuvre des programmes de redressement appuyés par la Banque mondiale et le FMI sans aucune condition préalable autre que la transparence de la dette.

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